Genèse

Dans presque tous les pays dotés d'une industrie cinématographique forte, la formation et la recherche jouent un rôle essentiel dans la marche commune vers l'industrialisation. La formation et la recherche, par la qualité de leurs résultats, ouvrent la voie à l'expression cinématographique et permettent ainsi aux professionnels de mieux évoluer une fois sur le terrain. La nouvelle génération de cinéastes camerounais, passionnés et dévoués à la tâche, montre clairement qu'il est possible de revitaliser le secteur cinématographique. Malgré les difficultés de fonctionnement, ce secteur s'est développé ces dernières années avec un nombre impressionnant de films produits annuellement qui ne cesse d'augmenter au fil des ans. Cependant, les incohérences de l’environnement se reflètent dans la qualité de la majorité des films, qui laisse beaucoup à désirer. La formation et la recherche cinématographique, naissantes, tardent encore à assumer le rôle qui leur revient dans ce processus de développement de l'industrie parce qu’elles sont également en proie à moult difficultés. Que ce soit au niveau de l'État, du secteur privé ou des chaînes de télévision, aucune politique de soutien au secteur du cinéma n'est connue, pourtant l'immensité de la sphère culturelle camerounaise ne demande qu'à être bien encadrée. La latence ou l'inertie de l'État, parfois et constamment observée dans le secteur du cinéma, ne doit pas toujours être appréciée sur la base d'un éventuel désintérêt ou d'une incompétence, même si cela peut être le cas. Toutes les politiques étatiques mises en œuvre dans le cadre du développement du cinéma national, bonnes ou mauvaises, approximatives ou insuffisantes, n'ont pas encore fait l'objet d'une étude scientifique critique et prolixe, suffisamment dérangeant, qui pourrait permettre aux pouvoirs publics de repartir sur de nouvelles bases malgré la situation ambiante que connaît le pays depuis les années 1990 (crise économique, plan d'ajustement structurel, dévaluation du franc CFA, crise sécuritaire dans le grand Nord, crise sociale dans le Sud-Ouest et le Nord-Ouest). Également, les propositions concrètes relatives au soutien de l'industrie n'ont pas été portées officiellement à la connaissance des pouvoirs publics, des télévisions ou du secteur privé par une corporation professionnelle structurée et légalisée. C'est dans le but de fédérer les forces des principaux acteurs de l'industrie cinématographique camerounaise et de favoriser le développement de la recherche fondamentale et appliquée dans le domaine du cinéma au Cameroun que l'ACIREC sera créée.